Biographie
de Michel Ciry:
Je viens vous entretenir d'un point important,
pour moi du moins,
puisqu'il s'agit de ma conception de l'art.
Cet art, je le veux missionnaire. N'ayant jamais
admis la gratuité en
ce domaine (j'entends l'absence de pensée) j'ai
donc toujours tenu
à exprimer quelque chose à l'aide des dons qui me
furent impartis.
Et comme ces dons me sont présents de Dieu, il m'a semblé tout
naturel d'en user pour clamer non seulement Son existence, mais
aussi Sa gloire. D'où la dominante en ma production de peintre,
de graveur et de musicien d'un climat religieux qui est le seul
à pouvoir convenir à ma nature de tenace défenseur de la
foi.
Pour moi, œuvrer est une croisade. C'est dire
combien je me sens
distant des principes créateurs du talentueux et sulfureux André
Gide qui, en art, condamnait
d'office ce qu'avec un irritant mépris il qualifiait de
bons sentiments. S'il est vrai que les bons sentiments
n'entraînent pas automatiquement la réalisation d'un
chef-d'œuvre, il est faux qu'ils s'y opposent, la qualité d'âme
d'un artiste que ne peut qu'honorer son désir d'associer ses
aspirations personnelles à sa production n'ayant jamais nui aux
vertus du tableau ou de la
statue qui, loin d'en pâtir, bénéficie de ces sources
d'inspiration, étant bien entendu qu'il ne faille jamais choir
dans une sentimentalité toujours pernicieuse, non plus qu'en une
littérature dont la peinture
et la sculpture n'ont que faire, sinon de
se méfier
grandement, comme d'une ennemie fatale.
Et s'il est donc vrai que la noblesse des sujets
traités n'implique pas
une immanquable excellence plastique, personne par ailleurs ne
m'empêchera, en cas d'égalité des mérites strictement
artistiques, de trouver davantage d'intérêt à une scène prise
dans l'un des deux
Testaments qu'à trois pommes ou à un poirier en fleur.
Bien que bafoué par les primaires tenants de l'anarchie en art,
la hiérarchie des sujets existe et mérite le respect dû à toute
entité incontestable. Cela dit, il va de soi que je préfère, et
de beaucoup, deux asperges ou
quatre pivoines peintes par Manet à une gigantesque et
grouillante composition de Rochegrosse ou quelque autre pompier
notoire d'une "belle époque" durant laquelle tant de vilaine
peinture fut commise parallèlement à des chefs-d'œuvre
dont il était
alors de bon ton de se gausser.
Outre que viser haut, quant aux motifs, offre à celui qui l'ose
de prendre de l'altitude, ce qui est toujours salutaire (quel
que soit le mobile de l'ascension entreprise), cela facilite de surcroît
l'établissement d'un constructif dialogue entre l'œuvre
réalisée dans un esprit aussi particulier et les êtres auxquels
la révélation qu'ils en ont va fournir des réponses dont ils ont
besoin et qui seront en mesure de les aider à vivre en modifiant
certaines de leurs vues sur l'existence. En revanche,
qu'attendre d'un art qui s'est juré bêtement de s'en tenir aux
limites d'un jeu de taches ou de lignes
déplaçables sans dommage ?
Rien, bien entendu, ou si peu qu'il est
inutile d'en
parler.
Il faut donc, pour que soit totale sa réussite, qu'une œuvre
d'art comble l'œil et le cœur (qui dit cœur dit âme), et que,
par conséquent, tout à la fois, elle charme, émeuve et dérange,
sinon elle n'est que plus ou moins savoureuse vanité, et
partant, chose négligeable. Voici de quoi me faire accuser d'arriérisme
par les dérisoires porte-drapeaux d'une avant-garde cacochyme
qui n'en peut plus de jouer
(fort mal) les novatrices. Mais que m'importe ce
que pensent
de moi des gens que j'estime n'exister que physiquement.
André Malraux, que j'ai de solides raisons de ne
guère apprécier, à
proclamé que le XXIe siècle serait
religieux ou ne serait pas. Si cet
aventurier de grand calibre a proféré bien des bourdes quand il
parlait pompeusement de l'art avec une assez ridicule emphase de
tribun de sous-préfecture, il aura au moins formulé une belle
pensée, que j'espère prophétique, en avançant cette rassurante
prévision au sujet d'un moment de l'histoire des hommes que je
ne connaîtrai sans doute pas mais dont la perspective pour
d'autres que moi est comme un gage de sagesse en des temps où
sévit une démence multiforme et barbare qui autoriserait à
craindre le pire au sujet de notre civilisation si la petite
lampe de l'espérance n'était là pour empêcher qu'elle sombre
dans les ténèbres. Et cette
espérance
elle ne peut venir que de Dieu. Elle est en Dieu.
MICHEL CIRY
de l’Académie Royale de Belgique
BIOGRAPHIE de Michel Ciry
Né en 1919 à la Baule.
1938
Première exposition au Petit Palais, "Artistes de
ce Temps ".
1941
Invité par la Société des Peintres Graveurs
français et première exposition particulière à la Galerie Le
Garrec à Paris.
Est nommé sociétaire aux Peintres Graveurs français cette même
année, en même temps que Marie Laurencin et Hermine David.
Acquiert alors l'estime de ses aines Dunoyer de Segonzac,
Jacques Villon et Goerg dont il devient l'ami.
1945
Première exposition particulière à l'étranger,
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Obtient le Prix National des
Arts.
1947
Participe à de nombreuses expositions de groupe en Europe, aux
États-Unis et en Amérique Latine.
1956
Est nommé membre du Conseil Supérieur de l'Enseignement des
Beaux-Arts.
1957
Nommé Vice-Président du Comité National de la Gravure.
1958
Obtient le Prix Eugène Carrière.
1960
Enseigne à l'Académie Julian avant de partir aux États-Unis,
puis au Canada.
Exposition à New York, à la Galerie Findlay.
1962
Grand Prix du Conseil Général de la Seine.
1963
Reçoit la Grande Médaille de Vermeil de la Ville
de Paris.
Est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de Florence (la même
année que Dunoyer de Segonzac, le Corbusier et Trémois).
1964
Reçoit le prix de l'Île-de-France.
1965
Reçoit le Grand Prix de Montrouge.
1969
L'Académie des Beaux-Arts lui décerne le Prix
Wildenstein.
1972
Médaille d'Or à la Biennale de Florence.
1973
Prix international de la Biennale du Gemmail d'Art Sacré.
1974
Est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.
1974 à 1984
Nombreuses expositions dans des galeries et des
musées d'Europe et d'Amérique.
1984
La fondation du Baron Taylor lui décerne le Grand
Prix Léon-Georges Baudry pour l'ensemble de son œuvre gravé.
1986
Exposition rétrospective, aquarelles,
dessins, gravures, peintures au Château de Vascœuil.
Est fait Officier de l'Ordre
National du Mérite.
1988
Est élu membre de l'Académie Royale de
Belgique.
Exposition rétrospective, peintures,
aquarelles, dessins et gravures, à l'Abbaye Musée de Payerne
(Suisse).
1991
Dix-sept volumes de son Journal ont été publiés
chez Pion et Buchet-Chastel depuis 1971.
1992
Est fait Officier de la Légion d'Honneur.
Exposition rétrospective, peintures,
aquarelles, dessins et gravures en l'Abbaye de Flaran.
1993
Exposition au Musée du Gemmail à Tours.
Exposition rétrospective au Château d'Ardelay.
1994
Exposition rétrospective, peintures, aquarelles,
dessins et gravures au Palazzo Martinengo, à Brescia (Italie).
1995
Exposition rétrospective, peintures,
aquarelles, dessins à l'Hôtel du Département de Vendée, la
Roche-sur-Yon. Création de l'association "Les amis de Michel
Ciry", le 8 décembre.
1997
Rétrospective de l'œuvre graphique au Conseil
Régional de Haute-Normandie à Rouen.
1998
Exposition des œuvres de Michel dry inaugurant le
festival d'Art Sacré à Antibes au Musée Napoléon.
2000
De septembre à octobre: œuvre sacré à
l'Abbatiale Sainte Gudule à Bruxelles. D'octobre à novembre:
galerie Saint-Hubert à Lyon.
Exposition au Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô.
L'association crée le Prix de Gravure de
Michel Ciry
2002
Du S juin au 8 juillet: rétrospective de
l'œuvre graphique à la Galerie du Parc à
Notre-Dame-de-Gravenchon.
Œuvre sacré en Notre-Dame-de-Bruges.
Est fait Commandeur de l'ordre National du
Mérite.
2003
Publication du 30e tome de son
Journal.
Exposition à la Galerie Hôrschelmann à
Osnabruck (Allemagne).
2004
"Les Rendez-vous de l'Art"
Exposition rétrospective peintures, aquarelles et
gravures à Albi.
Textes figurant dans le récent ouvrage
publié par " l'Association des Amis de Michel Ciry "
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