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Maurice EMPI : BIOGRAPHIE ET PRINCIPALES EXPOSITIONS
PARTICULIERES
Maurice EMPI, né le 31 janvier 1933 à Saint-Etienne ( Loire )
Etudes primaires à MONTMARTRE puis secondaires au collège CHAPTAL.
1949-1950.
Passe une année dans une école de publicité située à l'époque à
MONTPARNASSE et a comme professeur le peintre MARCEL BASLER qui lui
conseille d'abandonner le dessin publicitaire pour se consacrer
entièrement à la peinture.
1950-1953.
Elève à l'atelier GEN PAUL
1951.
Mariage avec HELENE MAILLARD
1952.
Naissance de sa fille DOMINIQUE. Époque des peintures de maternités)
1953.
Juin. Exposition à PARIS, rue SAINT-HONORÉ (GALERIE BOUTIN)
Septembre. Service Militaire à MONTLHÉRY puis PARIS.Trouve le temps de
continuer sa peinture.
1954.
Naissance de son fils OLIVIER.
1955.
Libéré des obligations Militaires en Janvier. Voyage en SUÈDE et
décoration du « TRIANON » à STOCKHOLM –Avril, Mai.
1956-1959.
Années de vaches maigres . Travail à mi temps.
1959.
Exposition à LONDRES. GALERIE DE SEINE, BELGRAVE SQUARE
1960.
Naissance de son fils JEAN-PAUL.
1961.
Exposition à PARIS GALERIE GUILLET.
1962.
Sélectionné pour le PRIX DE LA CRITIQUE. Voyage au PORTUGAI et en
ESPAGNE. (Tauromachie, processions de la Semaine Sainte à SÉVILLE et
PORTS PORTUGAIS.)
1965.
Médaille offerte par le Conseil Municipal de PARIS.
1969.
Exposition, Galerie Municipale d'ESCH sur ALZETTE, DUCHE du
LUXEMBOURG.
1971.
Exposition à NAGOYA et TOKYO
1975.
Exposition à PARIS GALERIE CARDO MATIGNON
1976.
Exposition rue SAINT-HONORÉ. GALERIE DU CARROUSEI-, PARIS.
1978.
Exposition à TROYES Galerie « JEAN DE MAURROY »
1979.
Invité d'honneur au Salon d'Automne de Marseillle
Toile acquise par le Conseil Economique et Social
1982.
Toile acquise par la société INTER FLORA
1985.
Exposition au Musée d'ARSONVAL AUBE
Exposition galerie CAUVIN , « à BILLON »
1985.
Exposition rue de MIROMESNIL, galerie " les Cimaises de l'AMATEUR D’ART
1988.
Exposition Galerie " RASPAIL " PARIS
Exposition Galerie " LA CHAPELLE."' MONDORF-LES -BAINS, Duché du
LUXEMBORG
Séjour à MAUSSANE LES ALPILLES.
Exposition Galerie SAINT-VINCENT " LYON
1989.
Exposition Galerie LES HALLES « NEUFCHÂTEL » SUISSE.
Séjour à VENISE.
Séjour à MAUSSANE LES ALPILLES.
Invité d'honneur à la RÉUNION et à la MARTINIQUE en exposition de groupe
Exposition " le Fil d'Ariane " GALERIE 26 (PARIS rue de PENTHIÉVRE).
1990.
Exposition en SUISSE à la GALERIE DES HALLES NEUFCHATEL
Exposition de groupe à la MARTINIQUE
Exposition personnelle GALERIE 26 Place des VOSGES PARIS.
Parution de l'Ouvrage EMPI " LA FRAÎCHEUR DE UINSTANT
Texte de Marc HÉRISSÉ Coll. " Au Fil de l'Art ". Ed. Mira.
Séjour en TOSCANE et VENETIE
1991.
Exposition de groupe à la MARTINIQUE et GUADELOUPE,
Exposition de groupe " HIVERNALES " GALERIE 26.
1992.
Exposition particulière GALERIE 26 -31, rue de Penthièvre PARIS
Exposition Personnelle " GALERIE DES HALLES " à NEUFCHATEL.
Exposition de groupe à SAINT DIÉ (VOSGES).
Séjour à SÈTE.
1993.
Exposition particulière à PARIS « GALERIE 26 » Place des VOSGES. (GOUACHES)
Exposition personnelle à BESANÇON. " GALERIE BARTELEMI
Invité d'honneur exposition de groupe"GALERIE DUPUY-HARDELOT"
1994.
Le fil d'Ariane exposition de groupe La BEAULE. Séjour à SÈTE. Salon
d'ANGERS
1995.
Exposition particulière GALERIE 26 " LES CAFÉS PARIS VENISE NICE
Exposition à HARDELOT Galerie DUPUY et à CLERMONT FERRAND GALERIE
CHRISTIANE VALLE
1996.
Séjour à FRONTIGNAN
1997.
Juin. Exposition particulière GALERIE 26
Août. exposition particulière " ROYAL GALLERY "
DEAUVILLE.
1998.
Chute de ski alpin. Fracture des deux épaules. Inactivité de quatre
mois.
Séjour en SAVOIE, BRETAGNE et à FRONTIGNAN.
1999.
Exposition particulière à NIMES " GALERIE DES ARTS " (Christian Fleury),
2000.
Mai. Exposition Galerie " 15 MIROMESNIL " PARIS.
Invité au musée du FAOUËT,pour l’exposition " LE SPORT DANS L'ART
Invité d'honneur à RIGNAC (AVEYRON) Centre culturel " 20' exposition de
peinture contemporaine
2001.
mars. Exposition particulière " GALERIE DE L'ESTUAIRE Le Havre ( Pascal
FREMONT)
Juin. Exposition de groupe parrainé par David DOUILLET, L'ART ET LE
SPORT PARIS GALERIE ENCADRA
2003.
Mai. Exposition sur la musique GALERIE " 15 MIROMESNIL " PARIS
Le TOUQUET Galerie de l’ Hermitage
2005. PARIS Galerie 15 Miromesnil (Montmartre)
2006.
Octobre-Novembre : Exposition GALERIE HENOT d’ENGHIEN-les-BAINS
2009.
Octobre : Exposition GALERIE de l'ESTUAIRE LE HAVRE
En permanence :
Galerie de l’ESTUAIRE Le HAVRE
Galerie HENOT ENGHIEN les Bains
Achat officiels et collections
ETAT (Conseil Économique et Social)
Conseil Général de l'HÉRAULT
Musée de BÉZIERS
Musée de SETE
Société INTERFLORA
Chambre des huissiers de justice TOULOUSE.
LA FRAICHEUR DE L'INSTANT
Rouge la maison, vert cru le volet, jaune la cage aux oiseaux, accrochée
à la fenêtre au pied de laquelle des chats - pattes en manchon -
affectent de dormir : cette grande photo, qu'il a accrochée au muret que
dissimule son chevalet, Maurice Empi croit l'avoir prise "par hasard" à
Burano, ce pittoresque village de pêcheurs mouillé au cœur de la lagune
vénitienne.
Mais le hasard n'y est pour rien, car, dans ce cliché, c'est le peintre
tout entier qui se révèle : avec la fraîcheur de son regard, qu'il a
noisette, à la fois tendre et malin derrière les lunettes, avec son
enthousiasme gourmand pour la couleur, son bonheur à capter l'instant,
son humour jaillissant et joyeux.
Toutefois, ce sont d'autres instantanés qui nourrissent souvent son
inspiration : ces petits dessins, croqués en quelques secondes d'une
plume alerte, qui peuplent par centaines d'épais carnets reliés de cuir
et qu'il n'ouvre pas volontiers...
Goût du secret? Non, pudeur. S'il ne montre qu'à regret ces croquis
enlevés, c'est parce qu'ils sont, dit-il, "une sorte de brouillon, un
langage qui ne parle qu'à moi seul, avec ses raccourcis et ses
balbutiements ; des notations dans lesquelles je m'efforce d'éliminer du
sujet tous les détails inutiles".
Tous ces dessins sont autant de moment volés : jockey suspendu par
l'effort au-dessus de sa selle, jaillissement d'une fontaine, envol d'un
pigeon et son poser lourd sur le sol, éclatement d'un bouquet clans sa
gloire fleurie, ou encore, ce mouvement rond du bras d'un gondolier qui
s'infléchit sur sa rame, cette attaque vibrante d'un archet de
violoncelliste sur la corde, cette pose noble et contenue d'un cheval
que le cavalier maîtrise, cette seconde attentive où les musiciens
guettent le départ de la baguette du chef d'orchestre, cet instant
fugace où le vent se levé, où la voile se gonfle et où le ciel se
brouille sur la mer.
Il croque le monde, Empi, il le dévore à la hâte, à la sauvette (la main
gauche en écran devant sa feuille), presque en cachette, avec une
véritable délectation.
Passants et badauds, commères des marchés et baigneuses des plages,
voiliers et coursiers, drapeaux dans le mistral, Parisiens attablés aux
terrasses, écuyères virevoltantes, ronde des voitures enchevêtrées sont
autant d'éléments de la fête permanente à laquelle il nous convie.
Mais cette fête, au départ, c'est en solitaire qu'il la célèbre, tard le
soir et tôt le matin, parfois jusqu'à douze heures par jour, dans son
atelier montmartrois, à l'écart du regard même de ses proches.
"Je ne supporte pas, dit-il, de travailler devant les autres. Je ne
pourrais pas planter mon chevalet dans la nature, place du Tertre ou sur
les quais de Seine. J'aurais l'impression de faire l'amour devant un
voyeur."
" En outre, ajoute-t-il, si, dans mon atelier, je peins un arbre dont je
veux qu'il soit rouge, cela ne me gène pas, car le rouge est appliqué là
pour équilibrer une autre couleur. Ce serait beaucoup plus difficile
face à une nature où l'arbre est vert. Le sujet n'est pour moi que
l'occasion de jouer avec toutes ces couleurs. J'avoue même que je tire
une sorte de fierté à ce que ce jeu passe inaperçu."
Empi en effet ne cherche pas à représenter ce réel dont il métamorphose
les couleurs et les lignes. Il offre à voir: avec amour et générosité.
De cette peinture qui le fait vivre depuis près de quarante ans, il n'a
jamais fait une affaire d'argent Pour lui, c'est une façon de
communiquer et de se faire aimer.
Enfant, indiscipliné et rétif à bien des disciplines, il avait toujours
au lycée Chaptal les meilleures notes en dessin et il inspirait déjà la
sympathie à ses professeurs qu'il caricaturait pourtant avec une
insolente allégresse.
Dans l'école de publicité où on l'avait ensuite inscrit à Montparnasse,
c'est d'ailleurs un autre de ses maîtres, le peintre Marcel Basler, de
seize
ans son aîné -dont le père, critique d'art, avait été l'ami de Soutine
et de Modigliani- qui, le premier, avait compris que l'adolescent ne
devait pas
suivre le chemin qu'on lui avait tracé.
"Tu es fait pour peindre, lui avait-il dit. L'enseignement qu'on te
donne ici est inutile, car si tu deviens un bon peintre, tu réaliseras
de toute façon
de bonnes affiches."
Le destin fit alors bien les choses par le biais de l'ami Pierrot : un
copain d'enfance qui passait le plus clair de son temps chez Gen Paul où
Maurice
Empi allait souvent le voir.
"Gen Paul, explique ce dernier une jambe articulée, car il avait été
amputé à la guerre de 14. Aussi avait-il besoin d'un grouillot pour
balayer plancher, mettre du charbon dans le poêle ou acheter ses
cigarettes.
"En échange, Pierrot disposait d'un coin à lui dans l'atelier où il
avait fait un trou. Quand il a abandonné la place, je suis venu. Je suis
resté là dix-sept à vingt ans. Je regardais Gen Paul travailler. Je le
raccompagnais chez lui après ses libations. Il me fallait parfois trois
heures pour le descendre du haut de la Butte jusqu'à l'avenue Junot. Je
n'avais pas le cœur à le quitter. Il avait besoin de moi. Il était
certes capable des pires vacheries mais il avait aussi d'exquises
gentillesses et il adorait Hélène."
Hélène : elle est de ces compagnes de peintre comme on n'en fait plus.
Empi l'a épousée alors qu'il n'avait que dix-huit ans. Elle a élevé
leurs trois enfants et ils fêteront l'an prochain leurs quarante années
de mariage. Elle n'a jamais eu d’exigence. Elle aurait pu rechigner
lorsque son mari renonça à la décoration, où il s'était fait pourtant
une assez jolie clientèle, elle l'encouragea au contraire, car elle a
toujours placé la carrière d'Empi au-dessus de son propre confort
matériel.
Chez Gen Paul, où il a découvert l'éblouissement de cette couleur, qu'il
; sentait jusque là incapable d'appliquer, Empi, avant de peindre, a
commencé par faire des petites gouaches montmartroises qui se vendaient
comme des petits pains. Qu'il ait alors été influencé par ce maître
qu'il voyait travailler, il le reconnaît volontiers. Faut-il pour autant
voir en lui a "élève" du célèbre peintre de la Hutte? "On est toujours
le fils de quelqu'un, reconnaît Empi avec simplicité. Mais il n'y a pas
d'élèves, il n'y que des disciples."
Conscient du risque, Empi, néanmoins, a constamment cherché à se défaire
de cette filiation, "à tuer le père" comme disent les psychanalystes,au
point d'avoir eu, lui, ce fou de couleur, par une sorte d'orgueil
autodestructeur, sa période grise et bleue cernée clé noir.
Ce même orgueil incite cet amoureux des anciens maîtres, qui préfère
Cézanne à Van Gogh et met Sisley au-dessus de tout, à ne pas regarder la
peinture des ses contemporains pour préserver sa liberté. C'est encore
cet orgueil, doublé de timidité, qui empêche cet homme si constamment
tourné vers l'autre "de pousser les becs de cane et de courir après le
succès" en montrant ses œuvres aux marchands.
Pourtant, quel jaillissement et quel élan du cœur chez ce peintre du
mouvement et de l'instant captés. Artiste instinctif, spontané, Empi
bâtit et trace directement, d'un premier jet, ses œuvres au pinceau sur
ses toiles. Il en entreprend plusieurs à la fois pour de simples raisons
techniques. Il faut en effet que le premier état soit bien sec, avant
que soient appliquées, lentement, les couches successives.
" Lorsque je pars à l'huile dans un certain ton et que je reviens sur ce
ton, note l'artiste, je ne peux le faire en un seul jour, alors que la
gouache, elle, permet la retouche immédiate, lin cela même je diffère de
Gen Paul qui, lui, travaillait toujours dans le frais."
Cette méthode permet à ce coloriste audacieux d'obtenir certaines
transparences et de faire évoluer ses toiles en cours de création vers
une facture plus ou moins figurative selon son humeur du moment.
Audacieusement juxtaposées ou superposées, teintes et nuances claquent
avec vigueur: gondole bleu de Prusse sur la lagune verte, cheval marine
sur la pelouse épinard, ciel lavande sur champ de lavandes, poires
d'azur sur coulis de framboise crémeux, stores cerise des cafés clé
Paris, voiles orange et rosé d'une régale, violon jaune ou mauve devant
le mur rouge pompéïn, ou, encore, ces dissonances clé violet et d'orange
qu'il vient de découvrir et qu'il assemble en harmonies.
La musique est d'ailleurs la passion de cet artiste qui joue du violon
depuis l'âge de cinq ans et qui aurait aimé, si son père l'avait bien
voulu, préparer le Conservatoire. Diffusées en sourdine, les œuvres de
Bach, de Haendel, de Mozart surtout sont indispensables à son équilibre
et meublent constamment son univers. Et, sur ce plan de Venise qu'il
garde à portée de la main, sont cochés avec un même amour la paroisse de
Tintoret ou la maison de Vivaldi, le tombeau de Véronèse ou les traces
d'Albinoni.
Cette musique omniprésente apporte à ses toiles leurs vibrations. Vive
ou mélancolique, linéaire ou concertante, à travers lignes et couleurs,
elle imprime ses rythmes à ces grandes compositions d'orchestres ou à
ces portraits de solistes empreints d'un humour souriant et complice.
Mais la facilité n'est qu'apparente au sein de toutes ces variations.
"Certains tableaux, confie l'artiste, surgissent plus vite que d'autres.
S'il en est de spontanés, il en est aussi de besogneux qui ne sont pas
nécessairement les meilleurs. On ne devrait jamais peiner sur un
travail, car une toile ne doit jamais être "fatiguée" mais libre et
fraîche. On sait bien, au fond de soi-même, qu'un tableau n'est jamais
achevé. Pourquoi en entamerait-on un autre, si ce n'est avec l'espoir
secret de le faire meilleur que le précédent?"
André Gide affirmait en substance que celui qui creuse s'enfonce et que
celui qui s'enfonce s'obscurcit. Aussi Empi n'hésite-t-il pas à détruire
quand il sent, qu'à force d'être prise et reprise, la matière picturale
d'une toile a perdu de sa beauté. Peu lui importe alors le regret des
autres, car il a l'intime conviction que "le peintre doit être seul juge
de la direction qu'il veut prendre".
Le bonhomme Empi, néanmoins, n'a pas de prétention à la postérité. Il
admire ceux qui, "comme Bonnard, peignent pour peindre sans chercher la
gloire" et se méfie de tous ceux "qui se prennent pour des peintres".
La thématique chez lui ne passe pas par la tête. Elle évolue au fil de
ses cheminements intérieurs ou de ses randonnées. Ce piéton du monde se
grise du spectacle de la réalité qu'ensuite il transfigure. La
tauromachie, qu'il trouve odieuse "mais superbe", l'a inspiré comme
l'ont inspiré durant un temps les pistes du cirque ou le ballet des
régates, l'animation des paddocks ou celle des cafés parisiens.
A ce peintre du mouvement, il faut un monde de mouvement. Ses natures
mortes elles-mêmes sont des natures vives d'où les objets toujours
semblent prêts à s'envoler.
Le calme des campagnes, j'adore, dit ce Montmartrois qui va souvent se
réfugier pour travailler dans un village alpin, mais j'ai besoin de la
ville et du contact des gens."
Aussi pourrait-on le croire portraitiste. Ce serait oublier son besoin
d'être seul face à la toile. L'art du portrait, il le réserve à ceux
qu'il aime. Mais c'est un genre au fond qui le frustre, car il lui
interdit d'improviser.
"Or, constate Empi avec candeur, je suis un expressionniste, un peintre
de l'imaginaire qui ne fais que prendre prétexte de la réalité..."
Marc HERISSE
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