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MICHEL-HENRY        

 

COQUELICOTS AU MONT SAINT MICHEL46x55cm

FENETRE FLEURIE 46x55cm

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BIOGRAPHIE

MICHEL-HENRY né en 1928 à Langres dans l'Est de la France, montra très tôt des dispositions enthousiastes pour la peinture et s'inscrivit tôt à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts où il devint élève "Massier" (c'est à dire chef d'atelier) à l'Atelier du Maître Chapelain-Midy. Parmi de nombreux prix et médailles, il reçoit la Médaille d'Argent de la Ville de Paris, le Grand Prix des Jeunes, et la Médaille d'Or de la Société des Artistes Français. Ex Vice-Président du Salon d'Automne.

1954                 Palace des Archives, Segovie ; Palace Foz, Lisbonne.

1955                 Institut Français, Barcelone.

1956                 Institut Français, Amsterdam.

1958                 Galerie Romanet, Paris ; Galerie Juana de Mordo, Madrid.

1967-1985         Wally Findlay Galleries, New York, Chicago, Palm Beach, Beverly Hills et Paris.

1969                 Galerie du Théâtre, Genève.

1975                 Galerie des Arts Contemporains, Genève.

1982                 Galerie Kleberg, Genève.

1984                 Rétrospective, Salon d'Automne, Paris.

1985                 Galerie Erath, Le Touquet.

1989                 Galerie Art Matignon, Paris.

1990                 Galerie Francis, Gstaad.

1991                 Central Muséum of Ginza ; Artiste invité d'honneur à la "Fête des Fleurs" au Century Hyatt Hôtel, Tokyo;
    Dimension Art Center, Taipei.

1992                 Hammer Galleries, New York ; Galerie Etienne Sassi, Paris.

1993                 Galerie Aléthéia , Lille. Galerie Française, Munich.

1994                 Galerie Présence Internationale, Bruxelles. Galerie des Art, Nîmes.

1996                 Vice-Président de la lère rencontre d'Art Contemporain de Calvi ; Exposition de Tours : Invité d'honneur,
    "Peintre de la lumière" ; Lauréat de la Biennale Internationale du Gemmail. Rétrospective à la Chapelle des
    Jésuites à Chaumont. Exposition Galerie Titren à Beaune.

1997                 Président de la 2ème rencontre d'Art Contemporain de Calvi ; Exposition au Château de Vixouge à
    Polminhac (Cantal) ; Exposition à l'Espace Châteauneuf, Tours.

1998                 Séoul Gallery, Corée.

    Exposition au Château de Val (Cantal).

     2005                Exposition Galerie Hénot d'Enghien-les-Bains

King of puppie

Quand on rencontre Michel-Henry, son bonheur de vivre est tellement   naturel qu'il n'a pas besoin de s'en excuser en ce monde déchiré. Il aime les fleurs, elles le lui rendent au centuple ! Rarement elles ont été célébrées avec autant de fraîcheur.

A l’humble marguerite des champs, comme à la plus somptueuse des orchidées, Michel-Henry donne la même chance de postérité et le même cadre, si j'ose dire ...

Venise, Paris, Londres, Moscou, Jérusalem, New York ... autant de fleurons d'architecture qui deviennent les toiles de fond nécessaires à ces bouquets ordonnés.

Et au-delà de toutes les idéologies meurtrières, Michel-Henry est comme un Ambassadeur de Paix..

Les myosotis et puis la rosé, ce sont des fleurs qui lui disent vraiment quelque chose, à ce roi des coquelicots

 

José ARTUR

 

 

 

T

rente ans d'expositions, de présence dans les salons, de médailles glanées un peu partout ont rendu familières les expositions florales de Michel-Henry, peintre aussi éloigné de l'académisme abstrait que du misérabilisme à la mode, fruit de l'angoisse inspirée par ce monde.

Lui, il le chante. On le réputa de « l'école du bonheur ». Encore faut-il y regarder de plus près. Les fleurs - ces sexes végétaux - expriment autant de sensualité que de fragilité. Llles faneront dans leurs vases de verre. Pourquoi ces paravents, ces grilles de bois ou de fer, sinon pour protéger un moment cette fête-Dieu, cette débauche de pétales où flamboient le jaune vif et surtout le rouge du « gentil coquelicot » célébré par Mouloudji ?

Au choix du laid préférons le danger du joli, disait le poète. Le goût et la technique ici montent la garde sans marchander le plaisir. Aucun doute : pour Michel-Henry l'œil est la glande qui jouit le plus.

Hervé BAZIN

 

 

 

Par une singularité admirable, l'artiste évolue en sens inverse de la vie : il peint vieux quand il est jeune, et jeune quand il est vieux. Il va du foncé vers le clair. Michel-Henry n'échappe pas à cet heureux paradoxe. J'aime et admire les ocres, les terres violettes, et les femmes en noir de sa période espagnole. Sévères, austères, construites, ces années à la Casa Velasquez ont été bénéfiques au jeune et ardent Michel-Henry.

A Paris, l'attendait ce misérabilisme élevé à la dignité d'esthétique. Le hareng, le triste demi-citron sur l'assiette blanche, voisinaient avec l'inévitable citron noir. Les riches achetaient très cher la pauvreté, et la misère chantait sa plainte aux cimaises des salons de l'avenue Foch.

Voici que Michel-Henry eut le courage d'être heureux, et de le dire. Il réapprit aux Français et aux Américains qu'il y a des fleurs dans ces champs, inventés par le bon Dieu, et belles à cueillir, comme de jeunes paysannes sont bonnes à embrasser.

Qui oserait reprocher à Michel-Henry de peindre ces fleurs à pleines brassées, et, à travers ses toiles éclatantes, d'avoir rendu ses lettres de noblesse au bonheur...

Edouard MAC'AVOY

 

 

 

Si des liens fraternels qui remontent à nos respectives jeunesses (assez lointaines, hélas !) ne m'avaient permis, depuis longtemps déjà, de bien connaître la nature de Michel-Henry (il serait difficile d'en trouver une meilleure), j'inclinerais à penser qu'il a voulu me mettre à l'épreuve en me priant d'écrire sur son œuvre, sur cette œuvre que j'apprécie beaucoup mais qui se trouve si distante de la mienne que j'aurais quelque excuse à ne pouvoir la pénétrer totalement. En fait, loin de vouloir me jouer un tour, cet homme, aussi bon que doué, en m'exprimant son souhait qu'un ouvrage consacré à sa peinture soit préfacé par moi, n'a désiré qu'une chose : me prouver son affectueuse estime d'ami de toujours. Et, comme cet ami est aussi un confrère qui m'inspire une considération égale à celle qu'il me porte, il n'y a donc pas piège mais plaisante occasion pour moi de n'avoir à tenir que des propos élogieux en m'étendant sur un sujet qu'à double titre il m'est agréable de traiter.

Mais que personne n'aille penser que ces lignes vont pâtir d'une moin­dre objectivité que s'il s'agissait pour moi de réfléchir, plume en main, sur la production d'un artiste qui, du point de vue humain, me serait indifférent, ou même antipathique. J'ose prétendre posséder suffisamment de rigueur intellec­tuelle pour ne pas avoir à jamais craindre de choir dans les diminuantes complaisances du jugement auxquelles entraînent les défaillances de l'impartia­lité. Il convient en effet, quand on se mêle de rendre publique son opinion, d'oublier tout ce qui attire ou repousse en celui ou celle dont on étudie le travail. Il va de soi qu'on écrit avec davantage d'agrément lorsque l'artiste considérable se double d'un homme de bien, mais c'est là plaisir très secondaire, ce qui doit primer, et de loin, étant la matérialisation des dons d'un certain individu qui pourra être tout à la fois infect et sublime (le cas type étant Wagner, auquel, bien entendu, je préfère, aux antipodes d'une telle classification, celui de Fra Angelico chez qui l'âme est au diapason du génie créateur).

Sans établir entre Michel-Henry et Fra Angelico un parallèle qui serait absurde et de surcroît emplirait de confusion mon modeste ami, j'estime tou­tefois qu'il s'apparente au moine si inspiré par la limpidité de sa nature de grand amoureux d'une création qui l'émerveille et qu'il a choisi de glorifier en ce qu'elle a de plus délicat puisque c'est aux fleurs que vont ses préférences. Soucieux que chaque tableau soit une offrande faite à ce Dieu auquel sont dues toutes beautés existantes, il ne pouvait trouver mieux pour réaliser ce bel accomplissement que de recourir à celles-ci, particulièrement fragiles et péris­sables, certes, mais en revanche si charmantes, sentant déterminer l'étendue de leur harmonieuse diversité.

En se dévouant si fort, Michel-Henry n'a pas choisi de vivre, artistique ment parlant, dans un univers étroit ; loin de là, les ressources expressives de ce monde fugitif et odoriférant étant quasi infinies, à l'égal de celles dont dispo­sent les êtres qui les font pousser lorsqu'elles ne sont pas sauvages, ornant alors prés et talus et ne devant d'être ainsi qu'au bon vouloir du Créateur de toutes choses, leur tout aussi bref et non moins ravissant épanouissement s'étant passé de l'aide des hommes doux dont l'idéal est de parfaire le galbe, l'ampleur ou l'arôme des plantes, jolies compagnes que je les soupçonne de préférer à tou­tes autres, du moins dans la journée.

Ce n'aura pas été le moindre mérite de Michel-Henry que de parvenir à fixer pour toujours, et d'une façon remarquable, ce qui dure si peu de temps en soi-même. Et pour ce faire il lui aura fallu déployer tout autant de prestesse d'exécution que de sensible attention, le sort éphémère de ses modèles l'exi­geant.

N'ayant aucune envie que ces lignes relèvent de la notice biographique, je ne m'attarderai pas sur les justes distinctions qui jalonnèrent sa carrière, brillante, vraiment heureuse, mais jamais au prix des dégradantes démissions, qui, trop souvent, assurent un succès qui en ces cas se trouve bien cher payé, très au-delà de ce qu'il vaut puisqu'en fait il n'a aucune valeur. La solide assise professionnelle qu'au cours d'années studieuses (un véritable artiste ne peut vivre qu'ainsi) il a sainement établie, Michel-Henry ne la doit qu'au plus valable emploi de son temps d'homme libre d'en faire ce qu'il veut.

Le risque majeur qui plane sur nos destins privilégiés, à la manière d'un rapace prêt à foncer sur une très désirable proie, c'est le mauvais choix que nous avons l'habitude de faire. D'un côté, le méritoire mais peu tentant refus, souvent difficile, toujours pénible ; de l'autre, la coupable mais attirante accep­tation dont les avantages immédiats, délicieusement étourdissants mais, à plus ou moins tardive échéance, facteurs d'une irrémédiable déchéance, ne sauraient faire oublier que leur jouissance est due à des abandons qui nous déshonorent, tuant en nous ce qu'il importait de préserver plus qu'aucun élément. Et ce qui me fait respecter si pleinement Michel-Henry, c'est qu'il soit parvenu à échap­per aux mortels dangers qu'il courait plus que quiconque en ayant opté pour une forme d'expression qui porte en elle les pires périls parce qu'elle prend principalement appui sur les contreforts de la grâce sous la forme la plus exquise. A ne guère peindre que des bouquets au zénith de leur fugace splen­deur, il eût pu, à la longue, se rompre les os en chutant dans les bas-fonds d'une peinture commerciale, là où l'infâme esprit l'emporte sur les nobles préoccupations esthétiques, insoucieuses du gain et hostiles à une notoriété mal acquise. Dieu merci, il n'en fut rien, ce qui prouve qu'est parfois payante la vertu. Si je ne veux pas m'appesantir sur les titres de Michel, je n'ai par ailleurs, aucune raison de les passer sous silence, comme si j'en faisais fi. S'ils abondent sous forme de prix (de la Casa Velasquez, de la maison Descartes, Antral, Farman, Kromberg, Taylor, du Palais-Royal, du Conseil général de la Marne, de l'île de la Réunion, du ministère de la Coopération, et j'en oublie), il y a aussi les importantes fonctions qu'il assume au sein des comités respectifs de plusieurs Salons majeurs, rubans et médailles étant également là pour prouver qu'en les sphères dispensatrices des plus hautes distinctions cet artiste est fort estimé. Rien en somme ne manque à ce peintre fêté pour lui faire perdre la tête, se perdre même totalement et devenir odieux de surcroît. A l'opposé d'une aussi consternante possibilité, la réalité est tout autre puisque, continuant d'œuvrer avec la rigoureuse honnêteté d'un exemplaire artisan épris de travail très bien fait (ce qui n'exclut nullement l'originalité créatrice et la sensibilité d'expression), Michel-Henry est demeuré l'homme délicieux que toujours il fut. Quels que soient ses goûts musicaux que j'ignore, il est donc, de ce point de vue, l'anti-Wagner par excellence.

Et puisque nous en sommes à l'énoncé des garanties (le public, dans son immense majorité, en est très friand, devant cette faiblesse à son manque de temps, côté jugement), il convient de parler aussi du champ planétaire des expositions personnelles de cet artiste vraiment international et dont les ama­teurs se trouvent tout autant à Tokyo qu'à Beverly Hills, à Paris, bien sûr, qu'à Amsterdam, à Chicago, à Madrid, à Téhéran qu'à New York, à Varsovie qu'à Lisbonne. Une partielle liste des acquéreurs de ses tableaux attesterait l'étendue de son audience picturale à travers le monde et dans les milieux où il est le plus flatteur d'être apprécié.

On ne saurait créer un univers artistique moins encombré de pernicieuse littérature que ne l'est cette œuvre d'où la pensée est cependant loin d'être absente. Il n'est en effet pas nécessaire d'affronter les prétendus grands thèmes pour œuvrer d'une manière durable et sur un plan supérieur ; Michel-Henry le prouve avec un double éclat, mêlant celui qu'il doit à ses dons à celui que le court moment d'une destinée florale confère aux motifs qu'il affectionne si fort et d'une si efficace façon qu'on ne peut guère désormais regarder un bouquet ou un champ de coquelicots sans aussi penser au chantre tellement évocateur qu'ont trouvé les fleurs en la personne de ce peintre dont l'engagement est des plus louables lorsqu'il ne vise qu'à magnifier l'œuvre de Dieu en ce qu'elle a sans doute de plus charmant.

Il faudrait être singulièrement fermé à bien des choses de l'art pour ne voir en tous ces tableaux qu'un savoureux prolongement de l'impressionnisme. La continuation qu'entraîné l'estimable respect d'un passé plus ou moins pro­che n'implique pas forcément la vaine exploitation d'un filon épuisé dans les rmines de l'art. Le fait de maintenir ouvertes les fenêtres en donnant leur aspect ïd'éternité à des beautés saisonnières est pour moi une noble attitude créatrice que de taxer de sclérose serait tout aussi sot qu'injuste. Le fin du fin est d'être novateur en ne recourant pas au fracas, à toutes ces piètres facilités qui puisent dans le scandale le plus clair de leur fausse originalité. Faire table rase n'a jamais assuré l'importance de l'apport, loin de là, les dynamiteurs en art n'étant jamais ceux qui le font le plus valablement évoluer au sein d'une indispensable constance dans les égards dus aux valeurs essentielles, aux principes fondamen­taux. En destructeurs-nés, ils projettent l'anarchie sur les murs et sèment un ruineux désordre dans les esprits, ce qui me paraît être un sort bien peu enviable. Se situant à l'opposé de ces malfaisants que vénère le plus bêtement du monde une large fraction du public (la pire, celle qui ne pense pas par elle-même mais au travers du filtre empoisonneur d'une critique honteusement asservie aux consignes d'un goût du jour toujours mauvais quand ce ne sont point, plus méprisables encore, des raisons vénales qui déterminent les arrêts de ces plumitifs, bons à tout, propres à rien mais, hélas, dévotement écoutés par tous ces gens incapables de se faire une opinion personnelle), Michel-Henry brave avec courage, sourire aux lèvres mais farouchement déterminé, les déri­soires légions d'une soi-disant avant-garde dont les passagères victoires sur le bon droit ne font qu'indiquer le degré de décadence atteint par une société à bout de civilisation. En ces temps déplorables, voués au noir de par une confu­sion si profonde qu'il est permis de la croire irrémédiable, Michel-Henry a la sympathique audace de défendre le plaisir de vivre, de battre pavillon de la félicité, de vibrer au vu d'une branche qui frémit, d'une flaque qui miroite, d'un étalage de fleuriste qui contient de quoi satisfaire son potentiel créateur pendant des mois d'activités. Formé à l'époque où triomphait le misérabilisme (pathétique et savant chez Gruber, d'une double indigence chez Buffet), il est parvenu à débarrasser ses songes d'artiste des visions cauchemardesques d'une actualité déprimante à laquelle il eut raison de préférer les rêves éternels qu'il sera toujours plaisant de faire, et de fixer ensuite, en un constructif état de veille, face au chevalet. Prenant le contre-pied d'un courant où ne coulait pas le moindre filet de joie, il a sainement préféré s'engager sur les eaux du bon­heur, et donc de l'amour, y effectuant une fructueuse traversée, celle d'un destin réussi.

Lorsque Michel-Henry prétend se limiter à «jouer la flûte dans le grand concert de la peinture », outre qu'il montre une humilité exemplaire (mais excessive selon moi), il prouve aussi sa haute conscience professionnelle ; tenir impeccablement sa partie, en toute harmonie, au sein d'un ensemble qu'on ne vise nullement à dominer, valant cent fois mieux que d'y introduire un tinta marre discordant sous forme d'incongruités plastiques n'ayant pour elles que leur tapageuse extravagance. Quitte à le faire rougir au point que le ton de sa peau rejoigne l'intensité colorée de certains des dahlias qu'il évoque avec tant de sensible sûreté quand il choisit de peindre cette automnale variété de dico­tylédones gamopétales qui porte le nom d'un botaniste suédois contemporain de Bernadotte, j'ajouterai que si Michel-Henry n'ambitionne pas d'être entendu plus que tous autres collègues dans le grand concert de la peinture, il est néanmoins un instrumentaliste de premier ordre, capable de jouer comme per­sonne puisque la musique qu'il fait si bien avec ses brosses n'a pas sa pareille de par l'originalité et la maîtrise technique qu'il apporte à son exécution qui enchante sous tous les ciels une élite cosmopolite à même d'établir le départ entre la vraie musique fort bien faite et le bastringue mal fichu.

Tournant le dos à la misère, à la tristesse, à la mort, Michel-Henry aura donc triomphé de la tyrannie du malheur qui pesa sur sa génération à une période décisive puisque ce fut celle de son développement, aussi bien culturel qu'artisanal. Bien peindre dans la joie pourrait servir de devise à ce parfait honnête homme si doué. En peignant de la sorte et en affirmant une aussi précise prédilection quant aux sujets traités, Michel-Henry est loin de manquer d'esprit religieux. En effet, comment ne pas voir en chacun de ces innombra­bles bouquets qu'il peint avec tant d'amour et de talent une offrande faite au Seigneur, l'ensemble de son œuvre, d'une si plaisante particularité, prenant à mes yeux l'aspect d'un infini reposoir fleuri. Bien des chemins menant à Dieu, Michel-Henry aura choisi pour le rejoindre au dernier jour de sa vie celui qui embaume grâce aux plates-bandes qui n'auront cessé de la borner et dont le fragile contenu est toujours agréable à voir, ce qui d'ailleurs n'empêche que ne s'y trouvent des épines, symboles des nécessaires difficultés que doit rencon­trer avant de les vaincre tout artiste durant son parcours de voyageur sur la terre afin de ne pas choir dans les fossés fâcheux de la toujours fatale facilité. Dans cette évidente communion avec Dieu, les pétales lui tiennent lieu d'hos­ties.

Mais si la préoccupation prééminente de notre champion des étamines est de chanter la magnificence fugitive du lys, de la rosé, des pétunias ou des asphodèles, il ne renonce pas pour autant à situer ses gracieux héros dans des cadres parfois très caractéristiques, les éléments d'accompagnement (placés au même plan ou n'apparaissant qu'à titre de lointains) venant alors compléter l'hommage rendu à une création dont la multiforméité est d'être indifférente à cet amoureux de toutes beautés (étant admis qu'une très avouable passion domine son existence, cela au su de tous, Michel-Henry n'ayant rien à cacher, ce qui est un motif supplémentaire de l'estimer). C'est ainsi qu'à ces bouquets si divers, il offre les cadres les plus variés, les faisant se détacher sur un village provençal, sur un morceau de nature solognote, sur une vue d'Amsterdam, de Hambourg ou de Paris, les situant au bord d'une fenêtre ou sur une terrasse, devant un champ de blé ou un plan d'eau, vide ou peuplé de bateaux de plaisance. Faisant feu de tout bois dans le monde végétal, Michel-Henry recourt bien naturellement aux branches des arbres pour enrichir ses compositions. Proches ou distantes, tel un chœur de soutien, elles renforcent le chant des cantates picturales que sont ces bateaux et dont l'air principal est si joliment modulé par les solistes épanouis qui occupent le premier plan de la scène. Ne pas omettre non plus l'architecturale contribution des palmes, du bambou tressé ou des fines lattes réglables de stores vénitiens. Et puis il y a aussi parfois le précieux concours du cristal, sous forme de verres, de carafons ou de vases, de drageoirs ou de coupes particulièrement décoratifs, quand j'aurai mentionné qu'il n'est pas rare qu'auprès des fleurs se trouvent quelques fruits, qui, sans avoir la prétention de rivaliser avec elles (imbattables sur le plan de l'éclat et de l'inépuisable inventivité des formes), apportent néanmoins à l'ensemble un brillant complément nullement négligeable, je pense que, des éléments consti­tutifs de cette œuvre pleine d'air, de lumière et de vie aucun n'aura été oublié.

J'ai parlé de vie, et j'ai bien fait car, si elle est silencieuse dans l'œuvre de Michel-Henry, il n'est pas un seul de ses tableaux qui n'en regorge le plus sensiblement qu'il soit. Si le terme nature morte m'a toujours paru assez mal convenir à la définition de ce qu'il désigne depuis des siècles, il me semble tout à fait impropre à qualifier l'essentiel de la production de cet artiste qui, pour le bonheur de mes yeux, et celui d'une infinité d'autres regards, est le peintre de la vie en ce qu'elle a de plus délicat à montrer. En effet, quel plus comblant spectacle offrir à des rétines que celui des fleurs à leur bref zénith de créatures d'une si ravissante inutilité ?

Ne serait-ce que pour prouver à quel point je vois juste en estimant grandement l'univers construit avec tant de tendre attention par Michel-Henry, j'ajouterai encore ceci ; s'il m'a été possible, et même facile, de m'étendre comme je viens de le faire sur une œuvre aussi distante de la mienne (en apparence du moins), c'est qu'au fond un facteur commun les unit, et ce fac­teur est d'importance puisqu'il y faut voir un identique besoin de rendre hom­mage à Dieu, à ce Dieu -dont on ne saurait nier la présence en toutes choses, à moins d'être d'une sottise tout aussi insondable que Sa bonté, ou bien par suite d'une grande malchance au départ (lors de l'initiale distribution des armes nécessaires pour pouvoir donner un sens à la vie, de n'avoir pas reçu sa part de foi).

Adversaire de la gratuité en art, je ne le trouve jamais si grand que lorsqu'il se hausse au niveau de la prière, ce qui ne l'entraîne en rien à négliger la très importante résolution des problèmes purement plastiques qu'une pensée profonde n'a jamais compromise. Disons que Michel-Henry rend grâce à Dieu avec aux lèvres le sourire qu'ont certains anges des meilleurs peintres du Quat­trocento. Ce n'est certes pas mon cas, mais peu importe, ce qui compte étant la qualité de l'intention. Nul doute, l'âme de Michel-Henry est aussi fraîche que les fleurs qu'il peignit sans relâche depuis sa jeunesse d'homme ayant su choisir le chemin qui lui convenait le mieux pour atteindre l'objectif qu'il s'était fixé lors d'un démarrage heureux. Ami de longue date de ce très attachant chéri des fées, j'en puis donc parler en toute connaissance de cause, ce qui me donne le droit d'affirmer que ce beau peintre est un homme estimable (ce qui n'a jamais rien gâté, quelle que soit la profession exercée).

Bien que ces pages ne contiennent que des louanges je ne les tiens pas pour complimenteuses puisqu'elles ne sont qu'un rapport impartial établi par quelqu'un qui prétend savoir de quoi il parle, et cela avec une probité dont il se targue de ne jamais s'être départi à tout moment de son existence déjà fort avancée. Probité, voici un mot qui convient on ne peut mieux à Michel-Henry comme à son œuvre. C'est donc sur lui que j'en finirai à leur sujet.

Michel CIRY

 

 

 

 

UNE PEINTURE PLUS BELLE QUE LA VIE

Avant d'entrer dans l'âme particulière de la peinture de Michel-Henry, de respirer la sagesse de ses fleurs et de ses paysages, la saveur de sa palette changeant le monde de paix en lumière, il faut approcher l'homme peignant.

Oui, avant toute promenade dans ses soleils d'or, ses champs de France, ses bouquets, de toutes saisons, une évidence vient à l'esprit devant ses toiles. La majeure partie de l'art contemporain a oublié que l'œuvre d'art n'est fondée que par les liens qu'elle doit créer entre le créateur et le spectateur. Le XXe siècle a sombré dans l'anarchie individualiste. En renonçant à l'expression du réel. En prônant l'arbitraire et le « moi » nombriliste. Le fanatisme des doctrines. Les esthéticiens-philosophes, avec leurs intolérances de chapelles, ont voulu faire accréditer qu'au dogme de l'imitation devait se substituer celui de l'expression. Ce divorce des valeurs n'a pas atteint Michel-Henry. Contraire­ment aux esthètes de ce temps, il n'a pas renoncé aux règles de l'Art de peindre. J'eus cette conviction dès notre première rencontre à Saint-Germain-des-Prés dans les années Cinquante. Il peignait à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Ce grand jeune homme secret ne reflétait en rien un académisme borné ou la cuistrerie de l'intelligentsia de l'époque. Il ne sentait ni la farce du prêt-à-penser des idéocrates, ni le sabir des intellectuels à la mode. Il n'était pas le bourgeois de la modernité et, surtout, il parlait peu : il peignait. Michel-Henry n'avait aucune fébrilité à créer « un style » à la mode. Chargé de cha­leur humaine et de dignité d'esprit, je soupçonnais déjà, dans sa noblesse de cœur, découvrir un vrai peintre dont la notoriété ne pouvait que grandir avec les ans. Sans doute, savait-il dès sa jeunesse que la peinture ne s'adresse pas qu'aux initiés et aux clans doctrinaires. Avec quelques-uns de sa génération, il a préféré la peinture que l'on sent, celle du plaisir des yeux et du cœur, qu'à celle qu'on doit vous expliquer, pour la comprendre, avec ses tricheries et ses défaillances ou ignorances des bases élémentaires de la création picturale. En son adolescence j'avais remarqué en chacune de ses toiles cet alliage des ver­tus de la culture française souvent antinomiques dont il réussissait la synthèse : ordre et vérité, recherches plastiques et poésie, forme et atmosphère, dessin et couleur.

Avec la « souveraine élégance » d'un Poussin, la raison était déjà assise devant son chevalet. Ses premières toiles « parlaient » déjà à notre œil dans ses Paysages de Toscane (1953) ou ses Sierras d'Espagne (1957) par exemple. La palette était dense dans ses ocres broyés, ses bruns calcinés, ses gris cendrés, ses lactescences amorties de rosés, de bleus, de vert bouteille. Francis Gruber, mort en 1948, puis le « misérabilisme » dans la jeune peinture figurative d'après-guerre l'ont à peine effleuré. En 1958, c'était l'époque où il aimait peindre une perdrix accrochée à un clou, les ruines de l'Alcazar de Tolède, les routes d'Estrémadure, les torrides blancheurs des murs d'Altea... Dans cette jeunesse ardente pour les formes et le « sujet d'abord », en un temps où l'abstraction déferlait rive gauche à Paris et aux Etats-Unis, il ne consentait rien aux ver­millons impétueux, aux pourpres hilares et aux sequins d'or dans ses fleurs. Avec le temps, il conservera souvent cette parure sobre, mais féerique, sous ses pinceaux. Mais dans l'été de sa vie, il s'est ouvert à donner plus de costumes princiers et d'opulence à ses paysages ou ses natures que l'on ne peut en aucun cas qualifier de « mortes ».

Michel-Henry a vite trouvé cet ordre, en peignant, qui consiste à « réa­liser parfaitement une chose parfaite ». Il a corrigé les infirmités de la Nature.

Michel-Henry s'est affirmé dans la mouvance des années cinquante, notamment au célèbre Salon de la Jeune Peinture où il exposait en 1954 un paysage de Nouvelle-Castille et La Trahison de Pierre, en 1955 L'Inauguration du pont, en 1957 un paysage de Hambourg. Déjà en 1955, il avait été envoyé, à la tête d'une délégation des Beaux-Arts, à l'Ecole des Beaux-Arts de Berlin. Et cette même année 1957 il recevait le Prix de la Casa Vélasquez où il fut pensionnaire de 1957 à 1959. Le Salon de la Jeune Peinture, à cette époque, a révélé les plus grands noms des artistes figuratifs actuels. Des marchands de tableaux, appuyés par une critique d'art nombreuse et vigilante, découvraient après la guerre ceux qui allaient perpétuer les peintres du « sujet » face à la vague de l'informel.

Depuis, la carrière de Michel-Henry a été jalonnée de Prix, de médail­les. Il est membre du Comité du Salon d'Automne depuis 1980 et a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1981. Pratiquement, chaque année, il expose dans le monde, en France, au Japon, au Liban, aux Etats-Unis...

 

         C'est-à-dire qu'il n'y a pas de divorce entre le public et lui. Pourquoi ? Parce que le public a toujours « senti » sa peinture avec un plaisir physique à hunier le jeu perlé des pétales de ses bouquets de fleurs fiancés aux paysages de rêve : Venise, Amsterdam, Istambul ou même les champs de l'été, la mer bleue céruléum, lisse, infiniment calme. Certes, il prend des libertés avec la réalité ; il transpose ses compositions en poète, et la métamorphose du sujet devient magie.

Il a résolu le problème de peindre pour être senti et compris d'un large public. Il n'a pas commis de délit moderniste de peindre comme l'acteur d'avant-garde joue devant une salle vide de spectateurs. Un art qui ne choque pas par quelque esprit de fariboles comme nous en inflige cette fin de siècle. Bien plus, il ne doit rien à personne par son style personnel. Même pas à son professeur des Beaux-Arts, Chapelain-Midy. Ce dernier me disait un jour : « Michel-Henry m'a dépassé ! » Quel bel hommage à son élève. Il a trouvé sa vérité.

Non pas seulement la vérité qu'exhalent les vermillons des coquelicots ou les érables pourpres, les indigos des delphiniums, les rosés imperator, ou les anémones parmes. Mais sa propre vérité, celle du peintre qui voit et conçoit. C'est son œuvre d'art qui nous rend regard pour regard. Chaque fruit, chaque fleur qu'il immortalise sur ses toiles, qu'il nous permet de cueillir avec lui, a mûri dans l'ordre qu'il fonde. Et ma plume, de peintre pourtant, ne pourra jamais démontrer assez pourquoi nous aimons ces fruits et ces fleurs...

Nous les aimons grâce à la poésie du peintre créant. Mais la poésie est d'une autre essence que celle des pures recherches plastiques. On n'explique pas un regard d'amour. On n'explique pas non plus les forces stimulantes qui élèvent ce peintre à la passion ou à l'amour pour une œuvre d'art. Aucun scientifique ne pourra dire pourquoi nous sommes émus devant les giroflées parfumées ou une escale à Cadix peintes par Michel-Henry. Les seuls titres de ses œuvres relèvent de l'art poétique : les Larmes du ciel, Pearly Palm, Un goût de sauge, Super-bleu... Ce livre, page après page, est une approche des forces qui fleurissent au plus profond de son âme. A l'écoute du souffle des sens de son talent, c'est le pur plaisir de l'œil. Il a donc conjugué raison et passion. L'esprit et le cœur. Voici dans ce livre un beau témoignage d'une peinture savoureuse, sereine, intelligente, intelligible, poétique.

Michel-Henry n'a pas esquivé le débat Forme et Atmosphère. On a pu être déboussolé depuis Matisse. Les enfants des écoles les plus primaires disent, depuis, qu'on peut peindre une pomme rouge sur un fond vert ou une pomme verte sur un fond rouge, et qu'au nom du « tout est permis » c'est bien pareil... Ici, les verticalités d'un pan de fenêtre, les horizontalités d'un premier plan ou d'un horizon lointain sont souvent coupées de quelques obliques. Il respecte la composition classique et ne bouscule pas, comme les expressionnistes venus à Montparnasse d'Europe centrale après 1900, l'ordre du monde. Fabriquez-moi d'abord un ordre, ainsi votre œuvre sera grande, écrivait Saint-Exupéry. A cette stati­que des compositions il ajoute la tension de la lumière-couleur. Logique des plans, parfaite ordonnance dans la discrétion, naturel et pudeur, indépendance face aux influences, font de chaque toile de ce grand artiste une « image arrêtée ». Ee dessin, le « Champagne du peintre », est un long compagnonnage dans l'élaboration de chacune de ses toiles. On le sent comme un avant-dire, une indication des rythmes, une négociation, parfois, des hachures et contre-hachures. Presque une technique de graveur. Par son dessin il enserre la « lumière-couleur ». Vient ensuite son écriture originale, celle des masses, des nappes de couleurs, des plages de lumière. Franches ou en confidences. En montant très haut sur la toile. Rien n'est laissé au hasard : couleurs chaudes, couleurs froides, couleurs complémentaires, primaires, binaires participent sous ses pinceaux à cet extraordinaire jeu de biges et de quadriges des volumes lumineux. Modulant, serrant les formes, les couleurs s'exaltent même lorsqu'il rend hommage à Zurbaran (1978).

Avec Michel-Henry, on oublie les jeux du cirque culturel actuel. On aime sa lumière. Son climat. Sa liberté créative. Son épanouissement, au fil des ans, dans le soleil. Ah, ces Petites Oranges de Chine que j'ai tant aimées. J'en ai appris par cœur la fragilité secrète des jaunes souriant dans le mystère des gris et des blancs liliacés. C'est le silence peint. Un poème sur la toile, une sagesse, une âme si particulière...

Michel-Henry a reçu les plus vibrants témoignages d'estime de ses pairs. Michel Ciry a préfacé l'un de ses livres : Probité, voici un mot qui convient on ne peut mieux à Michel-Henry comme à son œuvre. (1986). Ciry avait bien raison d'écrire que ce peintre tourne le dos à la misère, à la tristesse, à la mort. Ees musées, les galeries, les télévisions se complaisent souvent dans le morbide.

Secret, pudique, Michel-Henry n'étale pas son métier, son savoir des règles de l'art. Il ne se contente pas de raconter ou de glorifier fleurs et pay­sages. Il nous en transmet les chuchotements. Ils sont liés à ses souvenirs. Regardez bien la tendresse de ses rosés et ses tulipes golden parade... Entrez dans la paix et le silence de sa création, qui devient héritage de richesse inté­rieure dans notre civilisation menacée.

Ee poète grec aurait pu dire à Michel-Henry : Celui qui t'aime est celui qui aime ce qui fleurit en toi.

Guy VIGNOH

 


 

"Si vous voulez apprendre, commencez donc par enseigner" disait Rameau. Il y a dans ce paradoxe apparent une vérité profonde. Mes élè­ves, dont tu fis partie, m'ont autrefois beaucoup appris, cher MICHEL-HENRY, qui souhaite aujourd'hui de mon amitié ces quelques lignes.

Rien déplus enseignant, en effet, que de découvrir l'infinie diversité des dons, des sensibilités et des tempéraments de ceux qui se confient à ce qu'ils espèrent de votre clairvoyance et de vos connaissances.

Parce qu 'ils sont ce qu 'ils sont, seul importe de les aider à l'être complètement. L'Art est fait d'obsessions et de nécessités intérieures, aussi diffé­rentes qu 'ily a d'artistes, pures ou troubles, simples ou étranges, angoissées ou rêveuses. C'est dans le choix des thèmes vers lesquels leur instinct les porte qu'ils peuvent s'éclairer et donner le meilleur d'eux-mêmes.

Une fascination inlassable des fleurs est chose peu commune et assez singulière. C'est ton cas et cet inconditionnel amour m'incite à quelques réflexions sur ce sujet qui n 'est aimable et séduisant entre tous qu 'apparemment. En effet, si ces petites merveilles de charme et de délicatesse peu­vent apparaître comme une sorte d'excuse de la Création, une manière de compensation de la Nature à ses cruautés implacables, elles n'en demeurent pas moins les instruments de ses lois éternelles puisqu 'alors que les unes sont, pour le monde des insectes, source de vie, les autres, au contraire, se nourrissent de leur mort.

En outre, dès que peintes, les fleurs, comme tout ce qui touche l'Art, prennent un sens qui les dépasse et les intègre dans l'Universel. L'extrême brièveté de leur grâce fait de leur représentation comme un pendant séduisant mais secrètement pathétique aux graves vanités du XVII siècle où un crâne et une bougie rappelaient à l'homme la fragilité de la vie.

Sans doute ne suis-je point sûr que tu penses à tout cela, cher MICHEL-HENRY, en construisant tes éclatants bouquets. C'est qu 'il y a des natu­res inquiètes et des natures heureuses. Celle que les fées penchées sur ton berceau t'ont donnée apparaît sous le signe du bonheur simple d'un émerveillement qui se suffit à lui-même et se refuse aux obscurités redoutables des questions insolubles.

Il y a, dans le plaisir évident que tu as de fixer ce qu'il y a de plus éphémère dans la vie de la nature et en quoi tu excelles, un destin qu 'il m'ar­rive parfois de t'envier.

 

                                                                                                      Roger Chapelain-Midy

 

 

 

 
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