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Jean DURANEL
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LA VOIX DE SON MAÎTRE |
VAGUEMENT |
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Suite
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Jean DURANEL
D'un monde à l'autre...
A chacun son transport. Si ce mot désigne le moyen de se
rendre d'un lieu à un autre, son sens littéraire en a fait le synonyme d'une
émotion vive et soudaine, associée le plus souvent au fébrile désir amoureux. Ce
détail n'est pas fortuit car la peinture de Duranel se révèle en étrange accord
avec cette éclairante polysémie.
Dans l'œuvre de Duranel, l'amour est depuis toujours au
programme des réjouissances et l'oeil à tout instant voyage, libre comme l'air.
Le regard ne cesse d'aller d'un bord à l'autre de la toile, comme s'il était
sollicité par quelque rive énigmatique située en dehors même du cadre qui,
quelquefois, vole en éclat. S'agirait-il du Paradis ? On serait bien aise de le
croire, tant images et bois découpés éveillent en nous de sensations, d'envolées
oniriques ! D'un chromatisme exacerbé, chaque séquence suscite une impression de
gaîté. Aurions-nous donc affaire à un rêveur un peu fantasque ?
En y regardant de plus près, on se rend vite à l'évidence :
Duranel est un artiste bien plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord. D'une
lucidité décapante, il ne cesse de mettre à jour les paradoxes de l'existence et
l'insondable dualité de l'être humain, tout comme la relation ambivalente de
l'homme et de la femme qui, s'ils s'adorent, peuvent, dans le même temps, se
griffer et se faire du mal. Au sommet de la Tour Eiffel, il a planté son
Golgotha, une façon de nous rappeler que la douleur peut apparaître à l'endroit
même où l'on s'attend le moins à la trouver.
Dans la peinture de Duranel, tout paraît hésiter entre deux
voies contradictoires, deux directions presque opposées. Sa vision ludique du
monde prend aisément un sens critique. Acrobate, il se livre à un rare exercice
d'équilibre, instable et fragile par nature. Comme celui qui régit la survie de
notre planète. L'humain et l'animal ne se trouvent-ils pas désormais embarqués
sur le même navire, comme ce fut nous dit-on le cas au temps de l'Arche de Noé,
à ceci près que le déluge qui nous menace pourrait bien, cette fois, ressembler
au désert. L'eau, ce bien chaque jour plus précieux, risque de devenir l'élément
de toute survie et la faune sauvage en colère s'alarme de notre agitation
dévastatrice tandis que de cyniques roitelets d'Afrique s'obstinent à singer
l'arrogance des blancs. Pathétique spectacle que celui-là !
Un animal, c'est tout un monde. Il transporte avec lui le
décor qui l'entoure et participe à son maintien, à l'instar du bipède pensant
qui, par pure inconscience, prétend décider seul du visage de l'avenir. Qu'une
espèce vienne à disparaître et le vide s'étend un peu plus dans le cœur et
l'esprit de chaque individu. La nature est un fabuleux réservoir de merveilles.
Mais voici que des nuages noirs s'amoncellent soudainement au-dessus du grand
fleuve. Anima, l'âme, n'a donc pas avec l'animal qu'un simple lien de consonance
! Qui ose affirmer que l'homme seul en a reçu le privilège ?
Pour Duranel, tout ce qui s'agite sous le soleil mérite un
égal respect, une égale commisération. D'où l'impérieuse nécessité d'un accord,
d'une harmonie renouvelée, comme dans le domaine de la couleur où le peintre est
certes souverain. Quoi de plus légitime ! Très réceptif à la musique, il sait
aussi maintenir son oreille aux aguets, faisant surgir des personnages des notes
cuivrées d'un saxophone ou d'une furtive coulée de jazz.
Abondamment documenté, Duranel s'intéresse à tout ce qui se
meut - éléphant, girafe, autruche, rhinocéros, oryx, mandrill, crocodile,
papillon, goéland, macareux, libellule, poissons, pieuvres et cétacés... sans
oublier bien entendu le chien et le chat, frères ennemis qui se sentent
naturellement à leur place dans sa peinture. Cette compassion toute franciscaine
rend son langage universel et beau. Il n'est donc pas si étonnant qu'on l'aime
et le savoure sur d'autres continents. Cette manière d'être au monde vaut
beaucoup plus qu'un passeport. Par delà ses rêves d'océan et ses dérives
d'enfant rebelle, Jean sait que les plus beaux voyages se font en regardant par
la fenêtre. A telle enseigne que ses maisons ne sont jamais fermées. Ouvertes
aux quatre vents, elles participent au grand périple des marins, des poètes
magnétiques et des astres. Aucun obstacle ne vient en obscurcir les murs. Tout y
est délibérément laissé sans crainte à découvert, jusqu'aux pensées diaprées et
vagabondes qui nous animent jour après jour. Quiconque veut croquer la lune n'a
qu'à tendre la main vers le ciel. Dans le jardin du peintre, on bavarde juché
sur le cœur d'une fleur.
De réalisation récente, les œuvres rassemblées au Château de
Vascoeuil abordent les thèmes chers à l'artiste : la nature et la vie sauvage,
la mer et les voyages, l'amour et la vie quotidienne, la musique, la ville et le
rêve éveillé. Partie intégrante de sa recherche, céramiques et meubles peints y
trouvent naturellement leur place.
Contemporain par ses audaces, son baroquisme et ses
stridences, l'art de Jean Duranel n'est en rien dissocié de l'histoire de la
peinture. Il se situe dans le lignage des grands artistes visionnaires. Ceux
qui, par enchantement, nous aident à ret
Luis PORQUET Le 21 juin 2007
texte paru dans la plaquette de l'exposition Duranel au Château de Vascoeuil Nov 2007
Entrez dans le monde de Jean Duranel pour -avec l'artiste-
dériver en état d'apesanteur.
Les yeux grands ouverts, vous êtes conviés à découvrir la
nature avec le peintre qui plante son chevalet au bord de mer, sur la plage, au
fond de l'océan ou bien vous le fait traverser.
Au cours de ce voyage émergent la vie sociale, la vie de
couple, les loisirs émaillés d'instants magiques et d'émotions avec la musique
de jazz ou d'opéra, le restaurant, la photographie, le banc public, la maison
-lieu s'il en est- où s'exprime le coeur de la vie de tout un chacun dans la
ville trépidante : Paris, New York... ou ailleurs.
Ailleurs, où l'imaginaire règne, foisonnant : l'Eléphant en
colère, le Mandarin et sa Mandarine, la Jungle avec les Papillons ou les Oiseaux
provoquent en nous une réflexion salutaire qui supplante nos préoccupations avec
un lyrisme immédiat.
Le sourire nous guette à chaque instant.
Cette façon de réinterprêter l'évidence par le jeu technique
de l'image relève de la plus pure tradition figurative et émoustille notre
jubilation. L'artiste joue avec les paradoxes et les contrastes de couleur
construisant sa toile à partir de la « mise en carreaux » traditionnelle. Par
son chromatisme, il réinvente l'espace et réorchestre le temps.
Portés par le trait, ses télescopages, juxtapositions
acrobatiques, polymorphes entre humains, choses, animaux et végétaux font naître
tableaux et sculptures.
Ce monde onirique -le propre de son identité- nous emmène de
fil en aiguille vers l'imprévu, suscitant la surprise d'une émotion née du
décalage entre la situation proposée et la réalité d'une histoire qui ne doit
rien au hasard.
Vive l'expression libre !
Viviane Malinine
Jean DURANEL: Eléments biographiques
Né à Fécamp en 1946
Diplômé des Beaus-Arts de Rouen et de Paris, Prix de la ville du Havre en
1974
: Principales expositions personnelles depuis 1990
1989 Galerie Hélios - Calais et Avignon (1992-1994)
1990 Galerie von Benzon - Goteborg - Suède
1991 Rétrospective Palais Bénédictine - Fécamp
1991 Galerie Art-Dit - Nantes
1995 Galerie le Cercle Bleu - Metz ( 1998)
1995 Centre Hospitalier - Poissy
1993 Galerie Treger - Paris ( 1996-1999-2001 -2002)
1997 Galerie Fardel - Le Touquet
1998 Galerie Alternance - Hardelot (2000-2002-2004-2006-2007)
1999 Maison Salmegg-Rheinfelden -Allemagne
1999 Danielle Peleg Gallery - Michigan - USA
2000 Woodbury Gallery - Connecticut - USA (2003-2006)
2001 Galerie de l'Art en Confidence Waterloo - Belgique
2002 Galerie Turlure - Le Havre (2003-2005-2006)
2002 Casino de Forges-les-Eaux
2005 Artgument - Esvres
2005 Galerie Village d'Artistes - Rablay sur Laym
2006 Galerie Reg'Art des Toiles - Nice
2006 Voeux d'Artistes - Paris
2007 Rétrospective Château de Vascoeuil
Foires Internationales d'Art Contemporain
1991 Tokyo Art Expo
Artjonction Nice
Musée des Beaux-Arts de Mons - Belgique
1992 Salon d'Art Contemporain de Rouen
1993 Artjonction Cannes
1998 Lineart Gand - Belgique
2002 Art Metz (2003)
2003 Art Paris
Principales expositions collectives
Biennale 109, Salon de Mai, Peintres en Partage et Artistes d'Aujourd'hui
Franco-Japonais, Paris, Musée d'Art O, Tokyo Japon
Biennale 109, Salon de Mai, Musée de Cholet « Jocondissima »
Festival Hors-Les-Normes, Praz sur Arly
Galerie Duchoze « Le Portrait »
1ère Foire de l'Estampe et des oeuvres sur papier à Paris
« Céramiques Insolites » - Saint-Galmier (2004)
« Femmes Solidaires » - Paris, etc... (2006)
« 100 ans-100 peintres » - La Courneuve
« Les Arts du Feu » - Rennes
« Art en Capital » - Paris
Artistes d'aujourd'hui - Tokyo-Kitami-Paris
Editions
Gérard Xuriguera, Dessins et aquarelles, Editions Mayer
Dominique Stal. « La Peinture Contemporaine de 1985 à 2000 »
Editions Maisonneuve & Larose
Illustrateurs contemporains - Neudin
Guide Emer de l'Art Contemporain 1995-1996
Bulletin de l'Association des amis de François Ozenda, Art Singulier n°71
Grund 2001-2003
« Les plus belles enveloppes » de P.S. Proust - Dec. 2004
Figure dans de nombreuses collections privées et publiques : France,
Allemagne, Angleterre, Uruguay, Japon, Corée, Formose, Suède, Bulgarie. |
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